Soins palliatifs — un rituel de deuil à Vevey

Deux femmes s’étreignent lors d’un rituel public autour du deuil et des soins palliatifs à Vevey.
Vevey, 10 octobre 2020

À l’occasion de la Journée internationale des soins palliatifs, Palliative Vaud a présenté dans l’espace public un rituel de deuil interprété par deux danseuses et trois musiciens.

La journée était froide et pluvieuse. Les corps, couverts de terre, se cherchaient, s’agrippaient et se soutenaient. Leur étreinte disait quelque chose que les mots peinent souvent à contenir : la violence de la séparation, l’impuissance devant la fin de vie et ce vide que la mort ouvre parmi les vivants.

Le deuil peut sembler insurmontable. La personne disparue ne peut être remplacée et rien ne vient véritablement combler son absence. Il faut pourtant continuer à vivre avec cette fracture, apprivoiser peu à peu une présence devenue invisible et trouver une place nouvelle à celle ou celui qui n’est plus là.

Ce rituel ne cherchait ni à rendre la mort acceptable ni à effacer le drame qu’elle représente. Il lui donnait une forme et un espace partagés. Car la mort n’est pas extérieure à la vie : elle l’accompagne dès son commencement, comme sa limite inévitable. Vouloir les dissocier, c’est peut-être refuser une part essentielle de notre condition humaine.

Les soins palliatifs se tiennent précisément au cœur de cette réalité. Lorsque guérir n’est plus possible, il reste encore à prendre soin, à soulager, à écouter et à demeurer présent. Accompagner une personne jusqu’au seuil de sa vie, c’est reconnaître jusqu’au bout sa dignité — et rappeler que la fragilité, la perte et la mort appartiennent aussi à ce qui nous relie.

Retour en haut

En savoir plus sur Gustave Deghilage

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture